Accueil Plantes grimpantes et biodiversité : quelle faune vit sur les façades végétalisées ?
Plantes grimpantes et biodiversité : quelle faune vit sur les façades végétalisées ?
Les plantes grimpantes ne servent pas uniquement à habiller un mur ou à apporter de l’ombre. En couvrant une façade, elles créent aussi un nouvel espace de vie pour de nombreuses espèces animales.
Oiseaux, pollinisateurs, araignées, coléoptères et autres petits organismes peuvent y trouver des ressources alimentaires, des abris ou des zones de repos.
Cette présence de faune soulève néanmoins plusieurs questions. Une façade végétalisée attire-t-elle réellement davantage d’animaux qu’un mur nu ?
Favorise-t-elle seulement une biodiversité utile ou peut-elle aussi attirer des nuisibles ?
Risque-t-elle de faciliter l’entrée d’insectes ou de rongeurs dans le bâtiment ?
Les études montrent que les façades végétalisées peuvent constituer de véritables habitats urbains, sans provoquer automatiquement une prolifération d’espèces indésirables. Leur intérêt écologique dépend surtout du choix des plantes, de la diversité végétale, de la conception du projet et de l’entretien des abords.
Une façade végétalisée devient-elle un habitat pour la faune ?
Dans les villes, les espaces favorables à la biodiversité sont souvent fragmentés. Les sols sont minéralisés, les murs restent nus et les continuités entre les arbres, les jardins et les espaces naturels sont parfois interrompues.
Une façade couverte de plantes grimpantes crée un habitat intermédiaire entre le sol et la canopée. Son feuillage, ses tiges, ses fleurs et parfois ses fruits forment une structure à plusieurs niveaux.
La végétation peut notamment fournir :
- des abris contre les intempéries ;
- des supports de repos ou de nidification ;
- du nectar et du pollen ;
- des fruits ou des graines ;
- des microhabitats pour les arthropodes.
Une façade végétalisée ne remplace pas un arbre mature, une haie ou un jardin. Elle peut toutefois compléter ces milieux, notamment dans les quartiers où l’espace disponible au sol est limité.
Son intérêt écologique augmente lorsque plusieurs plantes sont associées. Des feuillages de densités différentes, des floraisons étalées et des fruits présents à plusieurs périodes de l’année créent davantage de ressources qu’une façade composée d’une seule espèce uniforme.
Quelle faune trouve-t-on sur les plantes grimpantes ?
La faune présente sur une façade végétalisée ne se limite pas aux abeilles et aux papillons. Les études montrent qu’elle peut accueillir une grande diversité d’arthropodes, notamment des araignées et des coléoptères.
Une étude menée sur plusieurs façades végétalisées en région parisienne a ainsi observé des communautés plus riches que sur des murs nus. Certaines végétations formaient des microhabitats secs et chauds, parfois comparables à ceux de falaises naturelles végétalisées.
Les araignées
Les araignées jouent un rôle de prédatrices. Elles se nourrissent de petits insectes et participent à la régulation naturelle de leurs populations.
Leur présence n’est donc pas nécessairement un signe de nuisance. Elle peut au contraire montrer qu’un petit écosystème fonctionnel s’est installé sur la façade.
Les coléoptères
Les coléoptères sont également bien représentés. Certaines espèces participent à la décomposition de la matière organique et au recyclage des éléments nutritifs. D’autres sont prédatrices ou utilisent simplement la végétation comme refuge.
Selon les configurations étudiées, certaines façades ont accueilli beaucoup plus d’arthropodes que les murs nus. Ces résultats ne doivent toutefois pas être généralisés : ils varient selon les plantes, l’environnement urbain, l’âge du couvert et les méthodes de mesure.
Les oiseaux
Les oiseaux utilisent également les plantes grimpantes. Le merle noir, le moineau domestique, la tourterelle turque ou encore le pigeon ramier peuvent fréquenter ces espaces.
Selon la densité du feuillage et la tranquillité du site, la façade peut servir de lieu de repos, de nourrissage ou de nidification.
Les plantes grimpantes favorisent-elles les pollinisateurs ?
Les espèces florifères constituent une ressource importante pour les pollinisateurs urbains. Dans des quartiers où les habitats naturels sont fragmentés, une façade fleurie peut fournir du nectar et du pollen à différents moments de l’année.
Les abeilles sauvages, les bourdons, les papillons et d’autres insectes floricoles peuvent profiter de ces ressources. L’intérêt dépend cependant fortement du choix des plantes.
Une façade composée d’une seule espèce fleurissant pendant quelques semaines sera moins utile qu’une association dont les floraisons se succèdent du printemps à l’automne.
Pour renforcer l’intérêt écologique, il faut notamment tenir compte :
- des périodes de floraison ;
- de la quantité de nectar et de pollen ;
- de la présence éventuelle de fruits ;
- de la densité du feuillage ;
- du caractère caduc ou persistant ;
- de l’exposition de la façade.
Une plante très décorative peut ainsi être associée à une espèce plus mellifère ou à floraison plus tardive. Cette complémentarité améliore à la fois l’aspect paysager du projet et la continuité des ressources alimentaires.
Les façades végétalisées participent-elles aux corridors écologiques ?
Une façade végétalisée isolée constitue avant tout un refuge ponctuel. Elle offre un point d’appui au sein d’un environnement minéral, mais ne forme pas à elle seule un corridor écologique complet.
Son rôle devient plus important lorsqu’elle est reliée à d’autres éléments végétalisés : arbres d’alignement, haies, jardins, parcs, toitures végétalisées, noues ou autres façades plantées.
Ces espaces forment alors un réseau d’étapes permettant à certaines espèces de circuler, de se nourrir et de se reposer.
Toutes ne se déplacent cependant pas de la même manière. Un oiseau peut parcourir une distance importante entre deux zones végétalisées, tandis qu’un insecte peu mobile aura besoin d’habitats plus proches les uns des autres.
La connectivité écologique doit donc être pensée à l’échelle du quartier. Une façade prend davantage de valeur lorsqu’elle s’intègre à un ensemble végétalisé cohérent, plutôt que lorsqu’elle reste un élément décoratif isolé.
Les plantes grimpantes attirent-elles les rats, les cafards ou d’autres nuisibles ?
Cette crainte revient régulièrement dans les projets de végétalisation. Pourtant, les sources disponibles ne montrent pas de lien direct entre la présence de plantes grimpantes et une prolifération de rats, de cafards ou d’autres nuisibles dans les bâtiments.
Les rongeurs sont surtout attirés par :
- les déchets alimentaires ;
- les poubelles accessibles ;
- les restes de nourriture ;
- les zones insalubres ;
- les abris situés au sol ;
- les ouvertures donnant accès au bâtiment
Une plante grimpante peut éventuellement servir de voie de déplacement si elle touche directement une fenêtre, une toiture ou une structure accessible. Elle ne constitue cependant pas, à elle seule, la cause d’une infestation.
La même nuance s’applique aux insectes. Une façade végétalisée accueille naturellement davantage de vie qu’un mur nu, mais cela ne signifie pas que cette faune est dangereuse ou qu’elle cherchera à pénétrer dans le bâtiment.
Les espèces observées sont souvent des pollinisateurs, des décomposeurs ou des prédateurs naturels. Les araignées, par exemple, restent généralement dans la végétation, où elles trouvent leurs proies.
Une biodiversité visible peut parfois être perçue comme une nuisance, alors qu’elle correspond simplement au fonctionnement normal d’un espace végétalisé.
Comment favoriser la biodiversité sans gêner les occupants ?
Une bonne conception permet de concilier richesse écologique et confort d’usage.
La première règle consiste à conserver une distance suffisante entre la végétation et les ouvertures. Les fenêtres, les aérations, les volets et les accès techniques doivent rester dégagés.
Les plantes peuvent être guidées sur des câbles, des treillis ou d’autres supports adaptés. Une taille régulière permet d’éviter que les pousses ne s’approchent trop près des fenêtres, des toitures ou des équipements.
L’entretien des abords est tout aussi important. Les déchets alimentaires et les poubelles mal gérées attirent davantage les nuisibles que la végétation elle-même. Le pied de la façade doit donc rester propre, accessible et surveillé.
Pour renforcer la biodiversité, il est également préférable de diversifier les plantes, d’étaler les floraisons et de limiter les traitements phytosanitaires. Les tailles sévères doivent aussi être évitées pendant les périodes de nidification.
Une à deux interventions principales par an peuvent suffire dans de nombreux projets. La fréquence doit toutefois être adaptée à la vigueur des plantes, à la hauteur de la façade et au niveau de maîtrise attendu.
Une façade doit-elle être entièrement consacrée à la biodiversité ?
Tous les projets n’ont pas besoin d’afficher le même niveau d’ambition écologique.
Une façade située sur une école, un logement collectif, un bâtiment public ou un site tertiaire doit répondre à plusieurs contraintes : esthétique, sécurité, entretien, accessibilité et confort des occupants.
Il est donc possible de créer des zones plus favorables à la faune et d’autres volontairement plus dégagées.
Une partie de la façade peut accueillir un feuillage dense favorable aux oiseaux, tandis que les abords des fenêtres restent ouverts. Les plantes florifères peuvent être concentrées sur les secteurs bien exposés au soleil, alors que d’autres zones privilégient la couverture végétale du mur.
La biodiversité ne dépend donc pas d’une végétation laissée sans contrôle. Elle peut être intégrée de manière précise, progressive et maîtrisée.
Que retenir sur les plantes grimpantes et la faune urbaine ?
Tous les projets n’ont pas besoin d’afficher le même niveau d’ambition écologique.
Une façade située sur une école, un logement collectif, un bâtiment public ou un site tertiaire doit répondre à plusieurs contraintes : esthétique, sécurité, entretien, accessibilité et confort des occupants.
Il est donc possible de créer des zones plus favorables à la faune et d’autres volontairement plus dégagées.
Une partie de la façade peut accueillir un feuillage dense favorable aux oiseaux, tandis que les abords des fenêtres restent ouverts. Les plantes florifères peuvent être concentrées sur les secteurs bien exposés au soleil, alors que d’autres zones privilégient la couverture végétale du mur.
La biodiversité ne dépend donc pas d’une végétation laissée sans contrôle. Elle peut être intégrée de manière précise, progressive et maîtrisée.
Greensolutions : concevoir des façades utiles à la biodiversité
Chez Greensolutions, la sélection des plantes grimpantes ne repose pas uniquement sur leur aspect esthétique ou leur rapidité de croissance.
Chaque projet est étudié selon le bâtiment, son environnement, les usages, l’exposition et le niveau de biodiversité recherché.
Le choix des espèces permet d’étaler les floraisons, de créer des refuges, de fournir des ressources alimentaires et de renforcer les continuités écologiques. La conception du support et l’entretien permettent parallèlement de maintenir les ouvertures dégagées et de maîtriser les interactions avec les occupants.
Une façade végétalisée réussie ne consiste pas à laisser la végétation se développer sans contrôle. Elle repose sur un équilibre entre nature, architecture, entretien et usages.
Sources et références
- Bernier, A.-M. — Plantes grimpantes, une solution rafraîchissante, Centre d’écologie urbaine de Montréal, 2011.
- Köhler, M. — Green façades as a part of the urban ecosystem, Urban Ecosystems, 2008.
- FLL — Rapport technique sur la biodiversité : directives pour la promotion de la biodiversité en milieu urbain, 2024.
- Rowe, D. B. — Green Roofs as Urban Ecosystems: Ecological Structures, Functions and Services, BioScience, 2011.
- Madre, F. et al. — Building biodiversity: Vegetated façades as habitats for spider and beetle assemblages, Global Ecology and Conservation, 2015.
- Oloś, G. — Green façades support biodiversity in urban environment, 2023.